J'aurais eu envie de m'envoler.
Je regardes de par derrière. Et il n'y a rien de beau. Je me vois titubante, dérivante, salie et sale. Embrassant des lèvres mortes. Je vois des cris silencieux et des larmes futiles. Je vois une adolescente. Qui n'est plus.
J'aurais eu envie d'arracher la chair à la place de tenter désespéremment de la faire disparaître.
Tentatives de rien. Paraître.
Peut-être qu'il serait temps...
de passer à autre chose.
Balayer les années mortes comme il le disait si bien.
Mais je n'ai plus de cheveux à couper.
J'aimerais arrêter de penser à ceux avec qui j'aurais pu renaître. Avortement mal fini, où des morceaux de leurs peaux sont restés accrochés à mon coeur et leurs présences figées dans ma tête.
Mais je n'ai plus le temps de penser à cela, pour le moment.
Trop de chiffres qui défilent, trop de hurlements devant des montagnes d'histoire de la psychologie et de développement du nourrisson. Trop de courtes poursuites du bus à l'auto-école. Trop de marches, d'escaliers, de dépassement de la montre. Trop de nuit de trop de toux, trop de nicotine, de caféine, de moi. TROP DE MOI partout.
Je ne suis plus celle que j'étais, je ne suis plus rien. Je ne suis plus que des cernes couleur chair pourrie.
Petite vache deviendra pouleElle me dit que je suis folle.
Je sais...